Marmalade Boy

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Replongeons-nous ensemble dans un shojo avec l’un des classiques d’entre eux, Marmalade Boy, par la mangaka Yoshizumi Wataru. Publié dans Ribbon, le magazine de prépublication pour jeune fille de la Shûeisha, la notoriété du manga fut si grande qu’une série télévisée de 76 épisodes vit le jour en 1994.

Une curieuse histoire de famille

Un beau jour, Koishikawa Jin et sa femme Rumi, les excentriques parents de la dynamique Miki, lui annoncent leur décision de vivre avec un autre couple et leur fils dans l’intention d’instaurer une période de transition avant de divorcer et d’échanger leur couple. Miki, choquée par cette annonce, refuse de se laisser manipuler mais la rencontre avec son nouveau frère la fera rapidement changer d’avis. Il faut dire que l’énigmatique et introverti Matsuda Yû est plutôt beau garçon. De plus, il a la surprenante idée de l’embrasser en douce à l’infirmerie du collège le jour de la rentrée. En général méfiant à l’égard des filles, qui d’ailleurs lui tournent autour comme des mouches, il sera tout de suite conquis par Miki. Mais pour se déclarer ouvertement, c’est une autre histoire. En effet, la romance entre nos deux protagonistes va connaître d’étonnantes péripéties.

 

Triangles amoureux et problèmes

L’arrivée de Yû va fortement déplaire à Suô Ginta, le copain d’enfance de Miki qui est secrètement amoureux d’elle. Stupidement, il n’avait pas osé, deux ans plus tôt, reconnaître ses sentiments devant ses camarades lorsque Miki lui avait déclaré sa flamme. Afin de reconquérir sa belle, il cherchera tous les moyens pour empêcher Miki et Yû de sortir ensemble en s’alliant avec Suzuki Arimi, l’ex-petite amie de Yû, terriblement jalouse de Miki. Pour corser le tout, Yû fera la rencontre de Sakuma Suzu, mannequin de 14 ans, employée par Matsuda Chiyako, sa mère. Celle-ci exige que Yû pose à ses côtés pour des photos. Folle de lui, Suzu intriguera d’une manière ignoble pour que Yû repousse Miki.

Allié avec le virtuose du piano Tsuchiya Kei, qui travaille aux côtés de Miki au Bobson’s, Suzu fera croire à Yû que Miki à offert à Kei le médaillon qu’il lui avait confié. De plus, elle accapare son attention en demandant à son cousin Miwa Satoshi de le convaincre de devenir son professeur particulier. Qui plus est, Satoshi est le président du conseil scolaire, riche et attirant, il est admiré par les filles du lycée. Mais son indifférence à leur propos fait jaser. Surtout qu’il devient très intime avec Yû, avec qui il partage sa passion pour la littérature et un lourd secret rendant Yû encore plus introverti et désespéré.

Pourtant, il n’est pas du tout homosexuel, son malheur est d’aimer la seule fille qui ne peut pas sortir avec lui, la belle et aristocratique Akizuki Meiko. Meilleure amie de Miki, elle est très mature car elle doit supporter des parents qui ne s’aiment plus mais se soucient trop du regard des autres, s’ils venaient à divorcer. Peut-être est-ce la raison pour laquelle elle franchira tous les interdits pour sauver son amour pour Namura Shin’ichi, un jeune professeur d’anglais et de tennis de l’établissement. Leur liaison mise au grand jour forcera Shin’ichi à fuir pour Hiroshima, mais Meiko, ne renoncera jamais à leur idylle.

Les gourmets romantiques qui se sont attelés à la tâche

L’anime de Marmalade Boy sera produit par le fantastique studio Toei Amination. La réalisation est confiée à Akinori Yabe qui fut le directeur technique sur d’autres œuvres comme Fly, Nadja, Magical Dorémi et bien d’autres. De plus le scénario est confié à Aya Matsui connue pour avoir collaboré sur les adaptations animées des mangas de Toriyama. Les compositions de Marmalade Boy sont assurées par Keiichi Oku qui fera la bande originale de séries comme Wing-man, Magical Emi, Ashita no Nadja.

Certes, certains diront que la série a mal vieilli mais néanmoins elle reste colorée et agréable à regarder, d’autant qu’un humour grimaçant et sympathique tempère les moments dramatiques. Toute la partie se déroulant aux USA a été ajoutée dans l’anime pour satisfaire la demande des fans japonais et allonger ainsi le scénario original. Les personnages qui y apparaissent furent créés par Yoshizumi Wataru elle-même. La série se clôture sur le dernier chapitre du manga. Marmalade Boy aura les honneurs du grand écran nippon. Beaucoup plus attrayant que la série TV, avec un scénario d’une plus grande originalité, le film parut en 1995 tourne autour des sentiments de notre héros Yû, peu développés jusqu’à présent.

 

Des personnages attachants, qui sont dure à quitter

L’anime de Marmalade Boy possède tous les codes propres au shojo en incluant son graphisme. L’originalité de cette œuvre se trouve dans les petits détails de Yoshizumi. Très attentive à la mode, elle dote ses personnages de vêtements réalistes et originaux. Le propos de Yoshizumi Wataru est de décrire un ensemble d’histoires humaines crédibles, susceptibles d’intéresser les spectatrices du dessin animé et qui pourraient se dérouler réellement.

Elle s’insinue dans le développement de la personnalité de ses nombreux protagonistes, jouant sur leurs sentiments et nouant des drames pouvant tous nous atteindre. La trame n’est pas profonde, mais on se laisse facilement attendrir par les malheurs de nos héros. Les personnages eux aussi correspondent à des stéréotypes auxquels peuvent s’identifier les spectateurs. Yû est un héros shojo, beau et mystérieux, Ginta est l’ami sincère que tout le monde aimerait avoir et les filles sont, soit de délurés coquines, soit des jeunes filles sérieuses et très féminines.

Pourtant, Wataru Yoshizumi les a rendu crédibles, vivants et s’est attachée à traduire leur évolution sans oublier un seul de ses personnages secondaires. Le couple principal n’est parfois que prétexte à étudier les autres protagonistes. L’auteur adore décrire peu à peu l’évolution spirituelle de ses créations, parmi lesquelles Miki est l’un des personnages ayant le plus évolué à travers la série. Jeune fille infantile, ses épreuves lui donneront la force de prendre ses décisions et de ne plus dépendre des autres, devenant ainsi aussi mature que Meiko, sa meilleure amie. Kei, lui, finira par comprendre que son comportement égoïste et sa tendance au mensonge ne lui permettront pas de s’ouvrir aux autres et de conquérir le cœur des autres.

Loin de se cantonner à un sujet banal, Marmalade Boy nous décrit des caractères émouvants soumis à des épreuves telles que l’influence de la société, l’incertitude quant à la légitimité des parents, la confrontation à une grave maladie ou des amours contrariées. Tout cela apportant un intérêt accru à cette œuvre qui semble simpliste de prime abord.

Pour celles et ceux qui voudraient connaître les secrets de Yû, savoir qui sera le petit ami final de Miki mais aussi découvrir si Meiko concrétisera son amour : il faut que vous vous matiez cette œuvre imparable de l’univers shojo ! 


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