La route d’El Dorado

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La route d'El Dorado

La route d’El Dorado

La route d’El Dorado

La route d’El Dorado est le quatrième film produit par Dreamworks Animation et le deuxième a être réalisé en animation traditionelle 2D, que vous avez pu apprécier grâce au Prince d’Egypte. Ici nous ne sommes plus face à une histoire dramatique et vibrante, mais au contraire dans une aventure farfelue, amusante et merveilleuse. De plus, l’histoire est notamment inspirée d’une nouvelle de Rudyard Kipling et de son adaptation filmique par John Huston, L’Homme qui voulut être Roi.

La route d’El Dorado, c’est l’histoire de deux fripouilles peu scrupuleuses qui s’embarquent par erreur vers les Amériques avec une carte censée les mener tout droit vers la cité mythique constellée d’or. Téméraires, nos deux amis se lancent dans l’aventure et découvrent un pays de cocagne, où ils sont accueillis comme des dieux. Comment alors résister à la tentation de duper un peuple si crédule ?

 

Los Bandidos

Le but des réalisateurs, Eric Bergeron et Don Paul, était de mettre en avant des loosers qui se fourrent dans des situations inextricables, des naïfs au bon cœur, des bouffons devenus héros. Le brun Tulio, le sceptique, se prend pour un génie de la stratégie, alors que Miguel le blondinet est un doux rêveur aux grands sentiments. Leurs caractères opposés s’accordent parfaitement quand il s’agit de monter un sale coup, et leur amitié semble indéfectible. Ils se chamaillent tout en s’adorant et ils savent très bien se manipuler l’un l’autre. Somme toute, il s’agit d’un couple classique dans le monde de la fiction, mais la recette fonctionne toujours et permet de pimenter l’histoire par diverses grimaces, espiègleries et jeux de mots de rigueur dans une telle situation.

S’ajoute à cela un troisième personnage est non dès moindre puisqu’il s’agit de Chel, la belle roublarde Maya qui ne rêve que de foutre le camp de son petit paradis pour découvrir le monde. C’est une élégante manipulatrice et elle sait jouer avec toutes les facettes de son superbe corps pour embobiner les pigeons qui tomberaient dans ces pièges. Un personnage d’une telle vitalité et dont la prestance fait parfois passer nos deux protagonistes au second plan. Chel redore le blason de la cause féminine et n’est pas l’horripilante godiche vue dans beaucoup de films d’animations.

Chel - La route d'El Dorado

Chel – La route d’El Dorado

Pourtant hélas, les ligues féminines latino-américaines se sont élevées contre Chel. Pour elles, Chel est le stéréotype même de ce qu’on leur reprochent : des filles faciles et vénales. Certes la jeune femme sait ce qu’elle veut, mais en réalité elle n’est pas si cupide qu’on le croit au premier abord. Son but unique et de fuir El Dorado par tous les moyens et si elle séduit Tulio, c’est parce qu’elle l’aime vraiment. D’ailleurs, elle sortira très souvent nos deux benêts de mauvais pas, dus à leur inconscience.

Le seul méchant qui apparaît dans le film. Tezel-kan, le perfide grand prêtre, est assoiffé de sang. Ce n’est pas réellement le pouvoir qu’il convoite mais simplement l’accomplissement de ce en quoi il croit. Le monde doit être sacrifié aux dieux dans un bain de sang. Fanatique, il ne se rend compte que très tard que Tulio et Miguel ne sont que de faux dieux. Une scène où il intervient a posé quelques problèmes lors de son visionnage par des enfants. Le jaguar de pierre qu’il invoque tue négligemment un homme en lui marchant dessus. On ne voit rien à la scène mais tout est implicite au point que cela choqua les bambins ; l’ajout d’une petite voix ridicule disant » je ne suis pas mort ! » a donc été nécessaire pour faire passer la pilule. Toutefois il est vrai que la bestialité du prêtre et ses envoûtements sont assez impressionnants. Il est sans doute plus proche de l’idée que l’on se fait des sanguinaires Mayas, lors des grands sacrifices effectués à l’époque.

 

Des images ciselées à l’or fin

Les animateurs ont eu le droit à un voyage dans la jungle pour découvrir la fantastique civilisation Maya afin qu’ils en rendent la magnificence et la culture dans leurs dessins. Les décors sont parfois somptueux. Après avoir été travaillés sur le papier, ils ont été numérisés pour être fignolés à l’ordinateur. Ce qui permet une meilleure incrustation des effets spéciaux 3D. Les studios Dreamworks Animation ont utilisé, comme dans le Prince d’Egypte, un système permettant de mêler 2D et 3D dans une même image facilement. Ainsi de nombreux passages sont réalisés à l’ordinateur, ce qui est un peu dommage parce qu’ils sont trop voyants.

Malgré un effort en ce qui concerne les choix des textures qui ne devaient pas être trop réalistes pour éviter un trop gros contraste avec les personnages en 2D. les animateurs furent très fiers du rendu de l’eau. Malheureusement, force est de constater qu’elle est trop parfaite ; on a l’impression que les bateaux naviguent sur un océan de mercure et les vagues n’ont pas d’écume. En revanche, l’ordinateur leur a permis, dans les scènes de foule, de donner plus d’expression à des personnages secondaires, qui d’habitude sont mis à l’écart.

Afin d’éviter de retravailler tout image par image, les animateurs ont également utilisé le procédé “Elastic Reality Warp” qui permet le morphing en douceur, ainsi ils ont pu appliquer une grande souplesse aux mouvements. Attentifs au réalisme, les réalisateurs ont réutilisé les symboles Mayas, ainsi que leur architecture, de même que certaines de leurs coutumes comme les sacrifices, les jeux et autres passages secrets. Toutefois, pour rendre El Dorado plus pardisiaque, ils lui ont ajouté quelques détails fantastiques, ainsi que des couleurs chamarrées. Il s’agissait surtout de décrire un lieu légendaire et idyllique et le pari est réussi !

José Garcia - La route d'El Dorado

José Garcia – La route d’El Dorado

Un véritable filon d’humour

La ligne directrice du film est en grande majorité humoristique. Les héros font les pitres et prennent rarement au sérieux ce qui leur arrive. Toujours, ils vont de l’avant et ils trouvent une solution à tout. Nos héros arriveront même à convaincre Altivo, un cheval de guerre espagnol, de les sortir de la cale du bateau où Cortez les a enfermé. Ce cheval d’ailleurs, tout comme un petit tatou pique-assiette, sont les mascottes du film, et sont aussi expressifs que les humains. D’ailleurs, une des grandes qualités du long-métrage se situe au niveau du travail des visages constamment mobiles, ce qui dynamise énormément les scènes. Les expressions colériques des deux compères et les regards malicieux de Chel sont un vrai régal. En ce qui concerne le doublage français, évidement de forte bonne qualité, on retrouve toujours sur la note comique José Garcia pour Tulio et Antoine De Caunes pour Miguel. Chel prend la voix de l’extraordinaire actrice Victoria Abril.

Une cité d’or peut en cacher une autre

N’allez surtout pas regarder La route d’El Dorado dans l’esprit de le comparer aux Mystérieuses Cités d’or, car malgré un sujet identique, ils n’ont rien à voir l’un avec l’autre. Ici, les soldats espagnols ne sont prétextes qu’à causer certaines actions et ils ne viendront à aucun moment troubler la quiétude des Indiens, qui ont bien assez à faire entre-eux. Il n’y a pas non plus d’énigme ou de mystère à élucider. Le seul point commun pourrait être l’agilité surprenante des héros, ainsi que leur générosité qui fait un peu songer à celle d’Esteban. Sans grandes surprises, ce film est néanmoins agréable à visionner ; sautant d’une action à une autre avec un dynamisme tel qu’on ne peut pas s’ennuyer. La route d’El Dorado est à regarder avec des yeux d’enfants en se laissant émerveillé par un pays inexploré où même les papillons sont parés d’or.

 

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