Foot et animation

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Durant des lustres, la France vit au rythme du football. Alors, comme nous avons décidé d’être très originaux, on va vous parler de ce sport si populaire ! Nous avons beaucoup cherché pour retrouver tous ces dessins animés qui ont été consacrés au foot.

Et fichtre ! Il y en a un tas. Le foot est depuis les années 1950/1960, le sport le plus joué et le plus représenté à travers le monde. Il faudra attendre 1970 pour qu’un dessin animé lui soit entièrement dédié. Curieusement, c’est au Japon, pays où le football était plutôt méconnu il y a encore quelques décennies, qu’ont été produites le plus de séries sur ce sport. En effet, en moins de cinquante ans, pas moins d’une vingtaine de titres ont été créés pour la télévision, le cinéma et les supports cassettes ou DVD. Commençons notre voyage temporel par un petit tour au pays du soleil levant.

Un but pour l’histoire

C’est en 1970 qu’a été produit le tout premier anime de foot, le bien nommé Akakichi no Eleven, ou encore Les onze au sang chaud en français.


La série est imaginée par un des grands maîtres des séries sportives du moment, Ikki Kajiwara, qui quelques années plus tôt avait réalisé une série sur le baseball, Kyôjin no hoshi (ou L’étoile des géants en français) et qui fut un grand succès. L’histoire des Onze au sang chaud raconte comment un jeune passionné de foot, Shin Tamai, forme une équipe qu’il parvient à mener jusqu’à la coupe du monde. Mais le baseball et le sumo restent encore les deux sports nationaux au Japon et cette série sur le foot n’intéresse pas grand monde. En 1979, la production de la série, Tôei Animation, tente une seconde percée avec un téléfilm appelé Ashita no eleven tachi, ou pour les francophones Les onze jeunes espoirs. Diffusé à l’approche de la coupe du monde de football junior, ce dessin animé, une fois encore ne rencontre pas le succès.

La saga Olive et Tom

 

Finalement, c’est en 1983 que les choses vont vraiment démarrer lorsque débute un petit anime sur TV Tôkyô : Captain Tsubasa par Yōichi Takahashi ; plus connu sous nos latitudes sous le nom d’Olive et Tom. Très vite, c’est le succès ! Pourtant, on peut trouver moult défauts à cette série car l’animation et les dessins ne sont pas des meilleurs et le terrain fait dix kilomètres de long (je caricature). Ce qui rend les matchs interminables et pourtant qui, parmi nous, ne s’est pas laissé entraîner par cette mise en scène finalement très prenante et palpitante.

Mais le génie d’Olive et Tom, c’est de transformer de simples matchs en un véritable spectacle, où le héros, en bon japonais qu’il est, souffre pour emmener son équipe vers la victoire. C’est plus que du football, c’est un véritable combat où les plus incroyables acrobaties sont autorisées. Et tout le monde se souvient des jumeaux Derrick qui grimpaient aux cages pour faire un saut périlleux avant de tirer un but. Olive et Tom suscitera beaucoup d’enthousiasme auprès du public. D’abord, outre les 128 épisodes diffusés en trois ans, la série donnera aussi lieu à 7 téléfilms, 4 films d’animation au cinéma et enfin à une suite de 13 épisodes édités en 1989 pour le marché des vidéo-cassettes.

Cette partie est tirée de la fin du premier manga et se déroule juste après la série TV. Les meilleurs joueurs sont à nouveau réunis dans une équipe japonaise qui participe à la coupe du monde junior. Ils retrouvent des joueurs internationaux emblématiques comme notre français Pierre Alcide, l’italien Gino Hernandez ou encore la bête noire de notre pauvre Olivier, le joueur Allemand Carl Hans Schneider. La finale voit s’affronter le Japon et l’Allemagne. Le Japon bien sur l’emporte 3 à 2 ! Étonnant me direz-vous ! Après ce match, Olivier retrouvera Roberto et partira jouer au Brésil. Cet épisode marquant la fin… ou presque, car le dessin animé ne montre pas qu’Olivier finira par déclarer sa flamme à Patty.

Mais Olive et Tom ne s’arrête pas là !

C’est après avoir tenté de se lancer dans d’autres séries sportives sans succès, que l’auteur d’Olive et Tom, Yōichi Takahashi, finira par reprendre son manga culte et d’en raconter la suite. Ainsi apparaissent 18 nouveaux volumes intitulés Captain Tsubasa : World Youth Hen. Olivier, plus âgé, joue au club de Sao Paulo. On y découvre également un nouveau personnage, Shingo Aoi qui s’avère aussi doué que notre héros. Le manga se termine par une finale, Japon-Brésil que le Japon gagne encore une fois in-extremis. L’auteur produit aussi une histoire spéciale intitulée Saikyô no teki ! Hollander Youth. Dans cette histoire courte, notre chère équipe du Japon affronte la Hollande, sans Olivier qui, lui, joue au Brésil. Mais après une première mi-temps catastrophique, Olivier arrive et gagne le match en apprenant à la fin que le meilleur joueur hollandais n’était pas là. Les dernières images montrent le mariage d’Olivier et Patty.

Pour en terminer avec Olive et Tom, bon nombre de la série remake seront réalisés jusqu’aux années 2000. Certaines seront des déceptions et d’autres seront justes correctes, malgré quelques grands noms de l’animation japonaise aux commandes. On n’est pas à l’abri d’un phénomène revival avec Olive et Tom surtout quand on voit le succès de Dragon ball super, ça peut donner des idées à certains.

Les autres séries qui ont voulu tirer au but

Nous avons beaucoup avancé dans notre chronologie mais remontons à 1986, l’année où prend fin au Japon, à la télévision, la série d’Olive et Tom. Espérant profiter du succès du football, le studio Pierrot lance une nouvelle série, But pour Rudy (de son vrai titre Ganbare Kickers). Malgré une réalisation et des dessins plus propres qu’Olive et Tom, une histoire moins longue, la série n’obtient pas un grand succès et se termine au bout de six mois. Il faudra ensuite attendre cinq ans pour reparler de football dans un dessin animé. Cette fois, c’est Nippon Animation qui co-produit avec AB production une série de 49 épisodes : L’école des champions.

 

L’histoire est quasiment un copier-coller de celle d’Olive et Tom. Un jeune garçon débarque dans une nouvelle ville et rejoint une équipe en déclin. Son principal rival ne s’appelle pas Mark Landers mais Césare, mais il a aussi mauvais caractère. Ce dessin animé passera pourtant inaperçue au Japon, et en France, elle est loin d’avoir obtenue le même succès qu’Olive et Tom. En 1992, Graine de champion nous fait découvrir une nouvelle forme de football. Comme dans l’Ecole des Champions, le héros est japonais et vient s’établir en Italie. Mais la situation est différente, Thierry ne s’intéresse pas spécialement au foot, et il est le petit-fils d’un riche industriel. Le sport, il y vient par hasard et se découvre une passion qui causera bien des tourments à son grand-père. Heureusement, tout finit par s’arranger et le héros gravit petit à petit les échelons qui feront de lui un champion.

La grande différence avec les précédentes série de foot, c’est qu’ici, le sport et les matchs occupent une place moindre. On se concentre beaucoup plus sur les rapports entre le héros et son grand-père ou avec ses amis, notamment avec Roberto, un jeune élève architecte handicapé. L’histoire tourne aussi autour d’un projet immobilier important et très controversé. Bref, il arrive de regarder plusieurs épisodes sans voir un seul match. Ceux-ci ne sont pas très longs et la fin ne dévoile même pas la grande finale à laquelle le héros participera. Les dessins aussi sont différents. Nobuyoshi Habara a créé des personnages très fins, presque fragiles, voire efféminés. Si le football pratiqué dans la série est plus réaliste que celui d’Olive et Tom, on regrette que la série Graine de champion ne donne pas plus de place au sport.

Un boum footballistique

L’année 1993 est une année importante dans l’histoire du football japonais, car c’est la date de création de la J-league, la fameuse ligue professionnelle du pays. Grâce à ce phénomène, une multitude de nouveaux dessins animés vont voir le jour, tous plus variés les uns que les autres.

 

En janvier sort Offside, une OAV réalisée par Hisashi Abe qui a travaillé sur Tenchi Muyô II et Mamono hunter yoko 2 et 3. A la télévision, c’est la profusion !

Nous avons aussi droit à Dragon League, où le football n’est que prétexte dans une histoire très fantaisiste. Parce qu’il a perdu un match contre le terrible Léon, le père de Tokio, jeune garçon amateur de foot, a été transformé en dragon ! Pour délivrer son papa, Tokio devra affronter à coups de ballon rond dans une équipe de créatures bizarres, divers adversaires envoyés par Léon. Puis en novembre 1993 débute l’une des plus fabuleuses séries sur le foot, malheureusement inédite en France, Aoki densetsu shoot !

 

Un dessin animé signé par Shingo Araki, petit artisan qui a œuvré sur des séries comme Saint Seiya et Lady Oscar. La série obtient un beau succès d’estime. Ici aussi, on ne parle pas que de football et de matchs, mais on développe la vie des joueurs. Le style est très réaliste et les moments forts sont générés par des sentiments plutôt que par des actions spectaculaires.

Nous sommes en 1994 et c’est l’année du mondial qui se déroule aux Etats-Unis. Ici, commence la diffusion de Goal Field Hunter passé très inaperçue au Japon. Mais c’est surtout le grand retour d’Olive et Tom, d’abord au cinéma avec un film inédit, puis à la télévision avec Captain Tsubasa J.

Malheureusement, même avec la création de la J-league, le Japon ne parvient pas à se qualifier pour la coupe du monde de 1994. Résultat : Captain Tsubasa J ne dure qu’un an et la production de dessin animés sur le football va vite retomber. Malgré tout, on voit encore quelques tentatives comme en 1995 avec deux long métrages. Le premier est intitulé Kazu et Yasu qui raconte la vie du joueur international Kazuyoshi Miura et celle de son frère à partir des textes écrits par leur maman. Ce film est dessiné par Kazuo Komatsubara connue par les séries Albator et Goldorak, ainsi que Noboyoshi Habara dont on a déjà parlé. Le deuxième film est Tobe ! Pegasus. L’histoire d’un jeune professeur qui fait découvrir sa passion du foot à ses éléves. Puis, en 1997, a été diffusé Mizuiro jidai. Cette série à l’eau rose, se déroule dans un collège et traite plus des relations amoureuses entre garçons et filles que de football !

Les années 2000 : le football moderne ou presque !

C’est en 2002, que la machine du dessin animé footballistique va être relancé. Le Japon et la Corée sont, cette année là, les pays organisateurs du mondial de football. Notre cher archipel nippon n’hésite pas à relancer sa série phare avec Olive et Tom road to 2002. Il s’agit en fait d’un simple remake amélioré.

Cette même année, une autre œuvre de Yoichi Takahashi se voit adaptée en dessin animé : il s’agit de Hungry Heart. L’histoire nous raconte la vie de Kyosuke, un jeune garçon voulant entamer une carrière de chanteur. Bien vite, il se retrouvera à entraîner l’équipe féminine de son lycée. Or il se trouve que Kyosuke jouait au foot avant de faire de la chanson. Mais suite à une bagarre avec un coéquipier, il fut bannit des terrains. De plus, la pression d’être le frère de la star montante du football japonais n’arrange pas vraiment ses affaires. La série Hungry Heart ne jouira pas du même succès que son ainée, hélas ! La série s’arrête au bout de 52 épisodes et même son auteur préférera reprendre Olive et Tom pour faire la suite.

Autre anime sorti en 2002, Whistle, qui nous fait partager la vie de Shô Kazamatsuri, jeune passionné de foot, qui intégrera une prestigieuse école dont le club de foot est réputé. A cause de sa petite taille, Shô n’arrive pas à se faire une place dans l’équipe et décidera de changer d’école. Dans son nouvel établissement, les membres du club de foot pense que Shô est un pur génie. Hélas leur désillusion sera totale, suite à la démonstration de notre pauvre Shô. Cette série, plutôt moyenne, ne manque pas d’originalité. Elle est un vrai tutoriel, pour celui qui veut commencer ce sport. Chaque fin d’épisode nous donne notre petite leçon car ici on ne suit pas un pro du ballon mais l’on progresse pas à pas avec le héros !

 

Un bond en 2008, avec la franchise Inazuma Eleven de Level-5 Inc dont l’anime est produit par le studio OLM connue pour l’adaptation de Pokémon. La série parle de l’histoire de Marc alors gardien de but de l’équipe du collège Raimon, qui veut faire participer son club au fameux tournoi de football frontalier. Pour cela, il fera le recrutement d’un ancien finaliste, Axel Blaze, et entraînera son équipe avec le vieux cahier de techniques de son grand-père. Mais c’est sans compter sur la terrible équipe de la Royale Académie qui viendra mettre des bâtons dans les roues de nos jeunes héros. La série est un véritable succès grâce à l’appui du jeu vidéo. Même si le scénario est des plus convenus, les nombreux personnages rencontrés durant toute l’aventure et les techniques spéciales bourrés d’effets pyrotechniques feront vite oublier cette carence. Au point qu’ils font passer la catapulte infernale des frérots Derrick pour de le rigolade ! La série Inazuma Eleven est à mon humble avis, l’un des dignes héritiers d’Olive et Tom.

Parlons à présent, de Giant Killing, série sortie en 2010.

 

Dans cette série, on nous place, non pas dans la peau d’un prodige du ballon rond, mais dans celle d’un manager d’équipe professionnelle japonaise. Ce qui donne toute l’originalité de la série c’est qu’elle préférera parler de stratégie de jeu, de la gestion des egos, de la presse sportive et même des fans. Giant Killing ne néglige pas son spectateur, qui aura tout de même sa rasade de matchs spectaculaires. Le tout sur un ton plutôt comique, sérieux et réaliste.

Passons maintenant à deux séries qui marquent la nouvelle ère actuelle des séries animés de sport. Area no kishi et Days sont deux séries qui ont cette force de plaire à un public mixte. Le ton est léger et réaliste. On remarquera tout de même un côté fan-service ciblé autant pour le public masculin que féminin. Ce nouveau format a pour but de faire aimer le sport dont il parle et réussit même à convaincre les récalcitrants. La crainte est que ce standard se généralise à toutes les séries, tous sports confondus. L’avenir nous dira si une série à la Olive et Tom est encore capable de se faire une place dans cette homogénéité de séries sportives.

 

On a pas forcément chauffé le banc de touche dans les autres pays !

Les autres pays font bien pauvres à côté des productions d’animations japonaises. Et pourtant, pas mal de séries ont vu le jour !

Commençons par les Etats-Unis d’Amérique. Là-bas non plus le foot n’est pas très populaire, mais on peut citer Hurricane, une série des années 90, diffusée sur M6.

 

Comme la plupart des séries américaines, l’histoire est très commune : une jeune femme hérite d’un club de foot et va se démener pour le remettre en état et faire gagner son équipe. En France, outre les nombreuses co-productions, nous avons notre lot d’originalité. Comme par exemple avec les séries Foot2rue et Foot2rue extrême et leur univers très « street », ou des échaudages et deux parpaings servent de cage.

Comment ne pas parler aussi de Galactik football, diffusé en 2006 et créé par Charles Barrez et Vincent Vandelli. Dans cette série, le foot évolue dans un univers de science-fiction et sonne comme un hommage à une série dont j’ai déjà parlé ! Je vous laisse deviner laquelle !

 

L’Italie, tout comme nous, aura son lot de coproduction avec le Japon. C’est ainsi, que voit le jour Les enfants du Mundial imaginé par l’Italien Marco Pagot (le créateur de Caliméro, Sherlock Holmes et Reporter Blues). La série est produite dans les studios de Tôkyô Movie Shinsha. Pour l’histoire, nous sommes en 1994 et c’est l’année de la coupe du monde qui se passe au Etats-Unis. L’idée de la série est de raconter des anecdotes et le déroulement des différentes coupes du monde. Le trait du dessin est très européen.

L’Espagne non plus n’est pas restée sans rien faire. En 1981, est réalisée la série très «cartoonesque», Onze pour une coupe ! Ce dessin animé produit par BRB international (qui a réalisé Rody le petit Cid et Le tour du monde en 80 jours) fut spécialement réalisé pour la coupe du monde de 1982 qui se déroulait en Espagne. Le personnage principal est une petite orange, Zeste, la mascotte du mondial de cette année-là! Elle doit se battre contre Fiellock, un méchant robot qui voulait l’empêcher de retrouver des archives des différentes Coupes du Monde ! La série finira malheureusement par tomber dans l’oubli.

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Le spécialiste qui marque le but final

Je voudrais finir ce dossier en parlant d’un monsieur dont il faut retenir le nom. Il s’agit de Nobuhiro Okaseko qui a dessiné et adapté bon nombre de séries si bien qu’il est devenu, à force des choses, une référence en la matière. Il travaille d’abord sur Akakichi no Eleven en 1970 avant de se voir confier le character design d’Olive et Tom. Il va alors superviser les 128 épisodes, des films et des spéciaux comme celui de 1994. Par contre, ce n’est pas lui qui s’occupera des autres séries de la fameuse saga. On fera tout de même appel à lui pour l’Ecole des Champions en 1991 ! En dehors des séries de foot, on lui doit aussi le character design de Paul le pêcheur et la direction de l’animation de plusieurs épisodes du Petit chef.

Voilà j’espère que vous en aurez appris plus sur les séries animés de foot ! Ces fameuses séries qui ont donné tant inspiration à bon nombre de joueurs pros ou amateurs !


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3 réponses

  1. Gundam1989 dit :

    Je suis un grand fan d’Olive et Tom, il paraît qu’ils vont en remettre une couche en 2018 juste avant le mondial en Russie. C’est vrai ça ?

  2. CR7KevinB dit :

    Moi j’ai hâte !

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