Akira

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Depuis un petit moment, des rumeurs courent et se font de plus en plus persistantes aux USA au sujet d’une adaptation live de ce film culte. Des noms comme Leonardo Di Caprio en tant que producteur, Keanu Reeves en tant qu’acteur ou Albert Hughes comme réalisateur avaient été évoqués, même si tous semblent avoir laissé tomber.

Le film animé, lui, continue son bonhomme de chemin et c’est toujours un must encore aujourd’hui ! Après une aussi longue carrière, il est incroyable de dire que ce film n’a pas pris une ride. S’il a contribué à modifier notre regard sur l’animation japonaise, en lui donnant ses lettres de noblesse, il aura fallu du temps.

A sa sortie au cinéma peu de journalistes avaient été élogieux à son sujet, allant jusqu’à trouver l’animation médiocre. Il faut rappeler qu’à l’époque, même un petit gars comme Miyazaki n’était qu’un triste inconnu dans nos contrées et l’animation japonaise était décriée et incomprise. Ce n’est que bien plus tard qu’Akira deviendra une œuvre incontournable et l’ambassadeur d’une nouvelle école d’animation.

Akira, la naissance d’un phénomène

L’aventure Akira débute en 1982 dans les pages du magasine japonais Young publié par Kodansha. Clairement destiné à un public de jeunes adultes, le titre est un succès immédiat, puisqu’il mêle fantastique, action, et surtout un graphisme réaliste mis en valeur par une mise en page digne d’un storyboard. C’est justement cette grande qualité graphique qui permettra à Akira d’être reconnu à travers le monde. Loin de représenter les canons graphiques du manga, Akira exploite surtout un dynamisme digne du comic book.

Mais revenons en à l’origine de ce film culte réalisé par son propre mangaka Katsuhiro Ôtomo. Celui-ci peu après le début d’Akira, crée un studio, Mash Room, lui permettant de faire plusieurs travaux à la fois et, surtout, de s’essayer à l’animation.

Cela ne vous aura pas échappé, Akira eut son adaptation animée, sortie en juillet 1988 au Japon. Et bien que cela ne soit pas, historiquement parlant, le premier long-métrage animé japonais à avoir connu les honneurs des salles obscures françaises, il fut en tous cas le premier à susciter un tel battage médiatique. Promotion dans des magasines jeunes, acclamation générale de la toute jeune presse des jeux vidéos, avant-premières à répétition, affichage dans toutes les grandes villes. Et, enfin, surprise des responsables de salles de cinéma qui affichaient souvent complet, ce qui assurera à long terme, un énorme succès qui n’était pas prévu.

Katsuhiro Otomo - Akira

Katsuhiro Otomo – Akira

Ce film, bien que moins complet que son manga, n’en est pas moins parfaitement pensé et réalisé. A l’image des court-métrages toujours d’excellente qualité auquels a participé Katsuhiro Ôtomo, ou qu’il a carrément réalisé lui-même, je me souviens du fantastique Memories. Akira contient d’indéniables qualités dignes d’un film live, certes, mais aussi des références visuelles et sonores qui ne trompent pas. On assiste bel et bien à un chef-d’œuvre.

De plus de nombreux animateurs ou réalisateurs de premier plan aujourd’hui, ont travaillé dans le staff du film, de Hiroyuki Okiura pour Jin-Roh à Hirotsugu Kawasaki dans Spriggan en passant par Hiroyuki Kitakubo de Golden Boy, pour n’en citer que quelques-uns. Le character design est assuré par Takashi Nakamura connu pour avoir bossé sur Nausicaä et Robot Carnival.

Doté d’un très bon budget pour l’époque, le film a fait l’objet de toutes les attentions. La qualité de l’animation, avant tout. Akira est l’une des rares productions japonaises réalisées en full animation, soit 24 dessins différents par seconde ; seuls les studios Disney étaient capables sur cette période, de produire une telle qualité sur un long métrage. Fait rare au Japon, les voix ont été enregistrées avant et les bouches animées sur les dialogues.

En découle un style d’animation différent par rapport au géant américain dont le jeu de ces acteurs sur papier, plus réaliste, est sobre et efficace. Fini les plans où les bouches sont les seules à bouger. Oubliés, les « re-cut », ces recyclages de plans et d’animations. On soigne aussi les décors. On a peine à croire, encore aujourd’hui, que ces immeubles qui s’élèvent en déchirant le ciel sont juste en peinture, tant le travail de la lumière a été particulièrement méticuleux. Enfin la bande originale, écrite et composée par Shôji Yamashiro, nous entraine parfaitement dans l’ambiance du film. Elle mélange avec audace, sonorités folkloriques et sonorités modernes, renforçant le statut mystique du long-métrage.

Un univers ouvert

Si le grand animateur Norman Mac Laren avait vu Akira, il aurait pu dire et redire cette phrase désormais bien connue des animateurs : ” l’animation n’est pas l’art du dessin qui bouge, mais l’art du mouvement qui est dessinée “. Quand Ôtomo réalise Akira, son manga n’est pas terminé. Il donne pourtant au film une fin qui reste difficile d’accès, laissant libre cours à l’imagination et aux interprétations de chacun. Le manga s’achèvera deux ans plus tard, en 1990. L’idée d’un second film pour reprendre dans la continuité du premier n’a jamais été mise en chantier par aucun studio d’animation. Malgré tout Akira reste une œuvre à découvrir que ce soit en animation ou sur papier pour en savoir un peu plus sur la vrai fin, ainsi que sur certains détails inexpliqués. Alors prenez le risque de vous plongez dans cet univers passionnant.

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1 réponse

  1. 6 octobre 2017

    […] personnages haut en couleur n’est autre que Akira Furutani. Il participera aux décors du film Akira et assure le même poste sur des dessins animés comme L’Inspecteur Gadget, Hamtaro ou Hello […]

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