Un court voyage vers L’île au trésor

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À l’aventure moussaillon !

 

Aujourd’hui retrouvons ensemble cette vieille série animé madeleine de Proust pour beaucoup animefans. Une œuvre qui tient encore à être vue et qui nous plonge dans l’aventure de la piraterie. Ce classique de Stevenson écrit un 1883 adapté par le fameux studio TMS.

Une histoire de gentils hommes de fortune

Jim Hawkins est un jeune Anglais qui aide sa mère à tenir une auberge en bord de mer dans la région de Bristol. Un marin bourru et couturé fait son apparition et s’impose à « l’Amiral Benbow », qu’il a choisi pour sa situation tranquille et sa position stratégique. Impressionnant, il ne cesse d’agir comme si le diable était à ses trousses et noie sa peur dans l’alcool, causant quelques troubles parmi les autres clients.

Victime de son vice, il va décéder devant la terreur que lui inspirent ses anciens camarades boucaniers parvenus à retrouver sa trace. S’étant pris d’amitié pour le serviable Jim, il lui lègue l’objet de la convoitise de ses ennemis. Une carte de l’île où le célèbre pirate Flint a enterré son immense trésor.

Attisé par la promesse d’une belle aventure, le noble Sir Trelawney, ami du père de Jim, décide de lancer une expédition en compagnie du Dr Livesey et du jeune garçon. Trelawney arme un navire, l’Hispaniola, duquel il confie le commandement au Capitaine Smollett, sur les conseils d’un homme qui lui semble avisé et symphatique, le fameux maître-coq, Long John Silver qui s’empresse de réunir l’équipage.

Mais cet homme ne serait-il pas l’unijambiste qui terrorisait le pensionnaire des Hawkins ? Jim s’apprête à vivre des aventures hors du commun qui le marqueront à tout jamais.

La troupe des forbans

Le dessin animé L’île au trésor date de 1977 et n’est arrivée chez nous qu’en 1984 sur Canal Plus, via IDDH, à l’époque premier importateur et producteur de dessins animés en France. Assez fidèle à l’œuvre de Stevenson, elle transporte le spectateur à travers les yeux du jeune Jim dans un voyage merveilleux et effrayant, lui permettant de faire ses armes et de prendre confiance en lui au fur et à mesure de ses tribulations.

Cette quête initiatique avec son passage de l’innocence de l’enfance à la prise de conscience des responsabilités et des devoirs de l’adulte est rendue d’une manière intelligente. A côté des dures épreuves de la vie qui commencent par bringuebaler le héros avant qu’il ne se prenne en charge et agisse avec intelligence et audace, on assiste à des aventures passionnantes en compagnie de personnages étonnants. Ici, point de beaux éphèbes, mais un équipage hétéroclite dans la force de l’âge, aux gueules cassées et à l’apparence plutôt repoussante, typique des marins qui en ont vu de toutes les couleurs.

Alcool, brigandage, meurtres sont leur lot quotidien et le dessin animé ne cherche surtout pas à le cacher. Le character design est dû à une personne que l’on connaît bien en France, Sugino Akio connu pour son incroyable travail sur Cobra, et colle à la perfection au sujet. La mise en scène est de son complice de toujours, le formidable réalisateur de génie Osamu Dezaki, et offre une vision dramatique des événements violents qui ponctuent le voyage très intense et sans complaisance. L’anime n’a pas trop mal vieilli grâce à la maîtrise de sa réalisation.

Ce dessin animé montre parfaitement que de gros moyens ne sont pas indispensables pour rendre une œuvre captivante, seule la technique du réalisateur joue. Celui-ci a su doser humour, émotion et action afin de rendre l’intrigue passionnante tout au long des 26 épisodes de la série. Les musiques de Haneda Kentarô apportent un charme supplémentaire à cette œuvre au public vaste.

Les paroles du générique français, interprété par Boris de Mourzitch qui n’avait que douze ans à l’époque et qui interprètera le troisième générique d’Amuse 3 avec Marie Mercier, secondé par Michel Barouille et Liliane Davis.

Les paroles ont été écrites par Paul Koulak connu déjà sur la série animé Clémentine ainsi que Paul Persavon, alias Antoine De Caunes. Pour l’anecdote, l’ancien distributeur de la série, Bruno René Huchez d’IDDH, confirme avoir entendu lors d’une récente soirée des étrangers interpréter L’île au trésor en anglais. En les interrogeant, il apprend que cet air est très connu un peu partout dans le monde pour représenter l’œuvre de Stevenson et qu’il est souvent fredonné.

Et si le roi des pirates n’était autre que Long John Silver ?

Stevenson a commencé les premiers chapitres du livre en août 1881, après s’être amusé à dessiner la carte imaginaire d’une île pour tromper son ennui, en compagnie du fils de sa compagne, Lloyd, âgé de treize ans.

Fier de sa création, son esprit se met à vagabonder sur les mers au milieu de pirates hauts en couleurs, et il commence à lire son récit, intitulé Le Maître-Coq en l’honneur de Silver, à sa famille enthousiaste.

Des amis travaillant dans le domaine littéraire vont l’encourager à le présenter à un éditeur, et le roman sortira sous forme de feuilleton dans une revue pour jeunes garçons, Young Folks. L’éditeur va le contraindre à changer de titre et à garder un ton politiquement correct. Le premier chapitre paraît le premier octobre 1881, et Stevenson se lance avec entrain dans l’aventure jusqu’au chapitre 16, où il perd pied et recherche vainement l’inspiration avant de retrouver la foi, après des dizaines d’essais infructueux, L’île au trésor sera le premier roman qu’il parvient à achever.

Il écrit son dernier chapitre en décembre de la même année. La revue étant de piètre qualité, il signe sous le pseudonyme de Capitaine Georges North, pour ne pas contrarier sa carrière et pour faire plus sensationnel auprès des lecteurs.

La série n’a pas été plébiscitée, ce qui ne sera le cas de la version reliée parue en 1883 chez Cassell and Co. Cette dernière est une revue pour un public plus mature, enfin Stevenson peut se faire plaisir avec la prose imagée de ses marins.

Avec des ajouts et des retraits de l’auteur revenant sur son travail avec du recul, donnant une nouvelle force à son récit, même si les changements ne sont pas considérables. Cette fois, le public est présent et le succès ne tarde pas à pointer le bout de son nez, sans se démentir jusqu’à nos jours. Cela est sans doute dû au ton original pour l’époque qui n’a rien de manichéen, où le principal héros du récit n’est autre que l’imparfait, voire répréhensible, Silver, personnage charismatique s’il en est.

 

Sous la bannière des flibustiers

L’adaptation du studio TMS reste très fidèle à l’œuvre littéraire originale, c’est surtout Silver qui acquière un rommantisme surprenant au regard du personnage initial. Celui-ci était un vrai brigand qui se voulait affable pour mieux endormir ses victimes.

Il ne pense jamais qu’à lui et se lie d’amitié avec Jim simplement parce que ce dernier lui rappelle sa jeunesse et peut lui éviter la corde. Silver est un homme d’une assez grande intelligence, toutefois le milieu dans lequel il évolue l’amoindrit. Dans le roman, Jim est impressionné par ce paradoxe.

Silver lui fait vraiment peur, mais il a tout de même l’audace de lui tenir tête parce qu’il sait qu’il peut compter sur cette intelligence finalement limitée et qu’il peut s’en jouer, même s’il reste dangereux pour les mêmes raisons.

Dès qu’il sait qu’il n’a plus besoin de quelqu’un, Silver n’hésite pas à s’en débarrasser sans scrupules. Il est tributaire de la bêtise crasse de ses équipiers et c’est certainement la malignité et la témérité d’Hawkins qui lui font porter un grand intérêt au graçon.

Ce dernier, bien qu’agissant souvent à la limite de l’inconscience, ne dévie jamais du droit chemin et garde une grande intégrité  et beaucoup de bonté. Il préférera tenir ses promesses à un traître comme Silver plutôt que de fuir, ce qui serait assez légitime.

Evidement, L’île au trésor japonaise grâce à ses 26 épisodes, a pu conserver une longue partie de l’histoire et en a même rajouté avec Benbow le léopard, l’animal de compagnie du héros. La mort du père de Jim longtemps avant le début de l’anime, alors que dans le roman, il meurt de maladie quand Billy Bones est déjà à l’auberge.

Les tergiversations avant le départ du héros, alors que celui-ci est beaucoup moins affecté par la séparation d’avec sa mère dans le livre, trop heureux de parcourir les mers. Mais surtout toutes les aventures sur le navire où Jim prend part activement à l’équipage, souffre de sa position de mousse et s’attire la réprobation des marins, ainsi que les aventures sur l’île qui ont pris une toute autre direction.

Donc L’île au trésor reste l’un de ces grands classiques, qui nous montre que le plus important n’est pas le but, mais bien le chemin pour y arriver. N’hésiter pas à vous y replongez en compagnie de vos chères têtes blondes qui n’auront aucun mal à s’identifier au jeune héros Jim Hawkins.

 

Pour aller plus loin…

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2 réponses

  1. LE NARDOU dit :

    Bonjour je souhaiterais retrouver un dessin animé d’enfance très chère en émotions et souvenirs, Air academy pourriez vous me dire comment faire pour retrouver la saison complète svp
    Regarder sur YouTube sa commence à revenir.
    Laisser lui chance sa plusieurs années que l’on cherche l’intégral.
    Merci à vous
    Bonne journée

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