Studio TMS entertainment

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TMS entertainment, un fossile de l’animation :

Pour les fans d’animes d’aujourd’hui, TMS entertainment n’est sans doute pas l’un des studio d’animation japonais le plus connu. Mais pour les vieux briscards comme moi et les experts , il s’agit de l’une des plus importante structure, dont l’histoire remonte à la genèse de l’animation japonaise elle-même. Dans cet article je vous propose de revenir sur le parcours mouvementé et parsemé de séries et de films cultes.

La société connue sous le nom de TMS est en réalité issue d’une structure bien plus ancienne appelée Tokyo Movie ou TM pour les intimes. Elle vit le jour en 1964 lors du boum des animes japonais à la télévision. A cette époque, plusieurs studios d’animation se sont formés pour répondre à la demande de nouvelles séries d’animation qui suit le succès de l’adaptation d’Astro le petit robot. Mais les membres fondateurs de Tokyo Movie ne sont suffisamment expérimentés et les premières années du studio sont difficiles. Leur première série Big X, adaptation d’un manga d’Osamu Tezuka, est un terrible échec commercial, au point que la quasi-totalité des 59 épisodes produits ont été perdus par le studio une fois diffusés !
Ce fiasco donne lieu à une réorganisation à TMS, dont les membres fondateurs seront relégués à des tâches administratives pendant que le travail créatif sera confié à des animateurs vétérans issus des rangs de studios concurrents. Cela permet à Tokyo Movie de survivre jusqu’aux années 70, qui amorceront l’âge d’or du studio.

Succès et déclin :

Le période prestigieuse de TMS commence en 1971 avec la production d’une série emblématique Lupin III, plus connue sous nos latitudes par le titre de Edgar de la cambriole. Adapté du manga de Monkey Punch, elle donne à suivre les aventures du petit fils d’Arsène Lupin, qui, tout comme son aïeul, excelle dans l’art du chapardage d’objets rares. Cet anime au ton adulte et grivois est une révolution dans un milieu de l’animation japonaise télé jusqu’alors réservé aux séries pour la jeunesse. Malgré un relatif échec à sa sortie initiale, Lupin III deviendra très vite une licence culte pour le public nippon. Mais surtout, cette série voit les premiers pas à la réalisation de personnalités célèbres telles que Hayao Miyazaki et Isao Takahata, qui collaborèrent avec TMS plusieurs années avant de fonder leur propre studio.

Hayao Miyazaki

HAYAO MIYAZAKI @AlbertoPizzoli/AFP/GettyImages

Un autre grand réalisateur rejoindra TMS dans les années 1970, il s’agit de Ozamu Dezaki. Le public français connais ses nombreuses séries car il est le papa d’œuvres cultes tel que Rémi sans famille en 1977, Lady Oscar en 1979, Cobra en 1982. Par ailleurs, un nouvel anime de Lupin III est lancé et contrairement à la première saison, cette série est un immense succès qui assurera la réussite du studio plusieurs années durant.

Les producteurs profitent de cette embellie pour diversifier leur catalogue, et s’attaquer au marché international. TMS collaborera ainsi avec des partenaires français pour créer Ulysse 31 en 1981 mais aussi italiens pour la série Sherlock Holmes en 1984. En parallèle, TMS se lance dans la production de long-métrages à très gros budget, parmi lesquels Le château de Cagliostro de Hayao Miyazaki en 1979 et surtout le film Akira de Katsuhiro Ôtomo en 1988, qui connaîtront un succès mondial.
Cette ambition dévorante de Tokyo Movie finira par provoquer son déclin vers les années 90. Grisés par leurs succès internationaux, les producteurs souhaitent s’attaquer à une licence culte américaine nommée Little Nemo in Slumberland, d’après la bande dessinée de Winsor MacKay. Coproduite avec les américains, cette adaptation connaît une longue gestation qui aboutira sur un film au budget monstrueux pour l’époque de 40 millions d’euros. Terminé en 1989, il attendra plusieurs années avant d’être enfin diffusé aux États-Unis, le marché qu’il vise en priorité. Mais ce fut le drame à sa sortie américaine en 1992, le film fait un flop menant TMS au bord de la faillite.

La reconquête :

Les années 1990 commencent donc très mal pour le studio qui en plus de son grave échec international, est confronté à une concurrence rude sur le territoire japonais. Il trouvera son salut à travers un acteur inattendu, la société de jeux vidéo SEGA, qui rachète TMS pour le fusionner avec d’autres de ses sociétés. Ainsi naît en 1995 le studio TMS-Kyokuichi, qui prendra en 2000 son nom de TMS entertainment.

Mais ces arrangements financiers ne suffisent pas à relancer la créativité du studio qui tourne alors au ralenti. Les choses changent à partir de 1996, lorsque TMS produit l’adaptation d’un manga policier appelé Détective Conan. Toujours en cours aujourd’hui, cette série pour enfants connaît un succès monstrueux au japon où elle dépasse les 800 épisodes ! Le tout sans compter les longs-métrages qui sortent chaque année depuis vingt ans et les très nombreux animes dérivés. A la manière de Lupin III dans les années 70, la licence Détective Conan forme le pilier du studio TMS, grâce à laquelle il est toujours en vie.

A côté de cela, la production de TMS se compose essentiellement d’adaptations de shonen plus ou moins connus, tel que D.gray-man en 2006, le jeu de cartes Cardfight Vanguard en 2011 et l’adaptation du manga de cyclisme En selle, Sakamichi en 2013. Mais on retiendra toujours chez le studio TMS, la preuve que la créativité et le talent sont toujours présents dans ce vénérable studio qui, en cinquante ans, aura largement contribué à la popularité de l’animation japonaise.


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1 réponse

  1. 8 juillet 2017

    […] studios TMS Entertainment & Telecom Animation Film ont annoncé dernièrement à la Japan Expo de Paris, la mise en […]

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