Plongée dans le monde déjanté de Furi Kuri

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FLCL

Furi Kuri

Série de six OAV, Furikuri ou FLCL pour les intimes, est l’un des petits bijoux de la Gainax. Un peu barré et déroutante au premier abord, elle devient vite captivante avec son scénario loufoque et complètement déjanté.

Produite par la Gainax et IG productions, Furikuri est sortie au Japon en 2000. Elle raconte les aventures de Nandaba Naota, un jeune garçon ordinaire de douze ans et élève en sixième année d’école primaire. Il vit dans la ville de Mabase, qui n’a pour particularité que l’usine en forme de fer à repasser géant du fabricant de matériel médical Medical Machina, qui se dresse en son centre.

Le grand frère de Naota, Tasuku, avec lequel il partageait habituellement sa chambre, est parti étudier aux Etats-Unis pour pouvoir se perfectionner dans ce beau sport qu’est le baseball. C’est probablement en partie pour cette raison que Naota se ballade les trois quarts du temps une batte à la main, bien qu’il ne pratique pas lui-même ce sport. Son père, Kamon, un peu farfelu, tient une boulangerie et dessine ses propres fanzines. Naota voit souvent la petite amie de son frère, Mamimi, lycéenne de 17 ans plutôt en marge, qui fume, adore sécher les cours, et passe son temps à jouer aux jeux vidéo et à prendre des photos, tout en arborant un comportement plutôt provocateur vis-à-vis de notre héros.

Tout ce petit monde vit plutôt normalement jusqu’au jour fatidique ou Naota en compagnie de Mamimi, est violement renversé par une jeune femme étrange en vespa jaune. Pour remettre d’aplomb notre écolier assommé, elle l’embrasse fougueusement sur la bouche et alors qu’il se réveille, elle prend sa guitare qu’elle démarre à la manière d’une tronçonneuse et lui en assène un grand coup sur la tête.

Une histoire folle ! folle ! folle !

A partir de cet instant, rien ne va plus et le scénario est de plus en plus déjanté à chaque minute. De l’énorme marque sur le front de Naota apparaissent des formes qui poussent à l’extérieur. Cachant ces protubérances sous un pansement, il apprend de ses camarades de classe qu’une folle en vespa circule en ville. Les protubérances ne disparaissant pas, Naota file à l’hôpital après les cours et tombe sur la fille à la vespa qui tient à savoir si rien ne lui est arrivé depuis leur rencontre la veille et si rien ne se cache sous son pansement.

Quand il rentre chez lui, il découvre que son paternel a engagé la fille en question, Haruhara Haruko, qui prétend avoir 19 ans et être une extraterrestre, comme bonne à tout faire. Le soir, Naota, excédé, s’enfuit en courant de la maison et croise Mamimi, qui s’écroule par terre tandis que lui a très mal à la tête, et qu’un robot lui sort du crâne.

C’est ainsi que Naota se retrouvera avec sous son toit la très étrange Haruko et Kanchi le robot, honteusement exploité par Haruko pour effectuer les tâches ménagères à sa place et affectueusement surnommé Terebi-kun, c’est-à-dire garçon télé, par le père de Naota qui ne semble pas plus perturbé que cela par tous ces événements.

Des clins d’œil à gogo

Bourré de jeux de mots, le scénario de ces OAV est complètement déjanté et incroyablement original. Il porte indubitablement la marque de la Gainax, à la pointe de l’inventivité en la matière, et se trouve dans la suite logique des autres œuvres de la société.

On y trouve l’esprit de Kanajo no Jijo et un avant-goût de la folie et du côté déluré de l’anime Ebichu. Et puis n’oublions pas les mecha et l’aspect SF pour le côté Evangelion. D’ailleurs il est expressément fait référence à cette série en forme de clin d’œil par l’intermédiaire de Kamon qui a participé à des fanzines connues par le passé.

On peut d’ailleurs noter de multiples références à divers mangas ou animes, comme Initial D auquel Kamon fait allusion. Le summum est même atteint dans le jubilatoire épisode 5 qui fait penser à un nombre incroyable de genres cinématographiques ou animés, des films de guerre à la magical girl en passant par des références plus qu’explicites à lupin, alias Edgar détective cambrioleur, ainsi qu’à South Park.

Les dessins peuvent sembler simplistes et dérouter un peu au premier abord, surtout quand on sait que le character design est de Sadamoto Yoshiyuki, déjà à l’origine de ceux de Nadia, Evangelion ou encore les Ailes d’Honneamise. Cependant, on dépasse vite cette impression pour se rendre compte que l’animation et la réalisation, faites entièrement par ordinateur, sont magnifiques et bouillantes d’originalité, comme dans les deux scènes hilarantes réalisées sous forme de manga filmé. Ajoutez à tout cela la musique dynamique composée pour partie par The Pillows, groupe populaire de J-pop, et pour l’autre partie par Mitsumun Shinkichi, qui a déjà sévi sur Utena, et vous obtenez un cocktail détonnant.

La fin d’une fille en Vespa !

Dans FLCL, impossible de ne pas remarquer la magnifique vespa jaune pétant sur laquelle Haruko se ballade en permanence. D’ailleurs, au départ, c’est par cet accessoire qu’elle est décrite par les malheureux qui la croisent.

Pour l’histoire, la Vespa est un scooter inventé en 1946 par le groupe italien Piaggio et a été vendu à plus de seize millions d’unités sous différents modèles. Et la vespa de Furikuri est tirée d’un modèle réel, la Vespa 180 Super Sport, très populaire dans les années 60. Le générique de fin la met d’ailleurs très bien en avant, montrant un modèle réel sous toutes ses coutures dans les rues japonaises.

Elle apporte un élément rétro-kitsch dans cet anime à la fois fantaisiste et futuriste, singularisant encore plus la déroutante Haruko par rapport aux autres protagonistes. Pour résumer, Furikuri, c’est dingue, c’est bon pour les yeux et les oreilles. Il reste un indispensable de Gainax, à voir ou à revoir.

Pour aller plus loin…


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Nico

Auteur des articles, c'est une vraie encyclopédie à lui tout seul ! Passionné de BD, mangas, japanimation, depuis sa plus tendre enfance. Biberonné dès son plus jeune âge par les émissions jeunesse comme Récré A2 et le Club Dorothée. Voulant faire profiter le public profane autant que les experts, notre auteur a toujours eu à l’esprit de transmettre son savoir encyclopédique sur les dessins animés, au plus grand nombre. Son anime préféré n’est autre que Neon Genesis Evangelion du studio Gainax, qui reste pour lui une œuvre charnière, dans le sens où elle lui permit de découvrir l’immensité de l’univers du dessin animé japonais.

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