Ghost in the Shell : Stand Alone Complex

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Suite au succès du film, Production IG avait décidé en 2002, de lancer une série TV sur Ghost in the Shell de Masamune Shirow. Ce dessin animé voulait avant tout revenir aux bases du manga où se mêlaient action et technologie de pointe ; oubliant un peu l’aspect philosophique et géopolitique des films de Mamoru Oshii. Stand Alone Complex voit alors le jour, l’histoire se situant avant la fin du premier manga de Shirow, occultant sa rencontre entre le major Kusanagi et le Puppet Master ainsi que ses conséquences visibles dans le volume suivant. De la même manière, toute connexion avec le film de Oshii est évitée, même si l’introduction cultissime reste à peu près la même sur les différents supports.

 

C’est l’histoire d’une équipe de cyborgs

La série se déroule à Niihama-shi nouvelle capitale du japon dans un monde qui a connu une troisième guerre nucléaire et une quatrième guerre conventionnelle. On y suit les péripéties de notre fameuse Section 9, menée de main de fer par notre major préféré Motoko Kusanagi, femme-cyborg aux capacités étonnantes. Sous la direction du chef Daisuke Aramaki et des différents membres de la Section 9, mêlant d’anciens militaires et policiers tels que ; Batô ancien ranger (expert en armement), Togusa (ex-flic, seul humain de la bande et redoutable enquêteur), Saito le sniper, Borma (l’homme fort du groupe et expert en explosif), Ishikawa (le pro en informatique et électronique), et enfin Paz (l’indic’ et expert en armes blanches).

Ghost in the Shell Section 9

Ghost in the Shell – Section 9

Masamune Shirow a voulu participer à la création de cette série. Les premiers épisodes sont assez déroutants et les histoires un peu simplistes pour tenir la durée standard. Il faut passer outre et attendre l’épisode numéro quatre pour rentrer vraiment dans l’intrigue. On y retrouve du coup le chapitre numéro un du manga, et son étrange orphelinat dans l’épisode onze, ou encore avec l’implication d’une autre unité, s’opposant à la Section 9 dans l’épisode vingt-et-un.

Ainsi, cette récupération est mise au service d’une intrigue qui correspond parfaitement à celle que Shirow Masamune avait su développer. C’est surtout l’aspect technologique qui est mis en avant avec la compétition truquée entre deux traitements pour la sclérose des cyber-cerveaux. Le premier est issu de la technologie des micro-machines tandis que l’autre provient de la médecine classique, obtenu à partir de souches de la tuberculose. Du choix du type de traitement dépend l’avenir de l’emploi des cyber-cerveaux. C’est dans cet état des choses que le premier est adopté alors que le second avait fait ses preuves. C’est cette hypocrisie qui va révéler notre grand méchant en la personne du Laughing Man. On découvre que les mêmes qui avaient rejeté le vaccin survivaient grâce à lui !

Au départ, la vision de ce personnage est très proche de celle du Puppet Master : pour les uns, il serait une forme de vie matérialisant une conscience commune sur le net, pour d’autres, une intelligence artificielle conçue pour spéculer sur les cotations boursières de certaines sociétés. Il serait en fait un hacker de haut vol, sorte d’ennemi récurrent de la série qui ne souhaite que dénoncer les agissements malavisés du ministère de la santé à travers des actions plus ou moins louables. Mais le fond de l’affaire vise les hautes sphères du gouvernement en place, qui ont profité de l’occasion pour se remplir les poches.

La série continue à se servir dans le manga, utilisant ce que les films n’avait pas conservé comme par exemple la dissolution de la Section 9 et la traque de ses membres une fois leurs activités dévoilées au public. On ne peut plus s’empêcher de regarder Stand Alone Complex une fois qu’on a mis le doigt dans l’engrenage et on se surprend à voir dans les épisodes autonomes donnent des indices participant à l’intrigue générale. La force de Shirow est de construire des univers géopolitiques parfaitement réalistes où chaque détail du monde, ainsi imaginé, habille une histoire finalement assez simple. La vraisemblance du récit n’est pas contenue dans celui-ci mais est donné par sa mise en contexte poussée à l’extrême. De ce fait, la série animée utilise la même méthode de politique-fiction.

 

Les cyborgs qui s’y sont collés !

C’est donc résolument le choix de coller au manga original qui a été fait par les concepteurs de la série, comme le montre la réintroduction des Fuchikoma devenu pour la forme des Tachikoma avec leur humour naïf. De plus, un autre élément est réintroduit dans le dessin animé. Je veux parler de la sexualité de notre héroïne Motoko Kusanagi qui avait complètement disparu des films. Le manga et la série la présentant comme étant bisexuelle. L’autre aspect qui témoigne de ce retour aux sources est le character design de Shimomura Makoto qui colle en tout point à celui du manga, à l’exception de Batô qui garde son catogan du second film intitulé Innocence.

Mamoru Oshii n’est pas très loin non plus car c’est l’un de ses protégés, qui se colle à la réalisation ; le bien nommé Kenji Kamiyama. Celui-ci à rejoint l’équipe de Oshii sur Jin-Roh. Il sera l’auteur et le réalisateur de Higashi no eden ou Eden of the East. Récemment il vient de réaliser le film Hirune Hime, rêves éveillés. Les combats des premiers épisodes peuvent sembler un peu mous et manquant de rythme, mais ils sont vite rattrapés par les combats à mains nues. Les créateurs s’en sont bien vite aperçus en privilégiant par la suite les gunfight mieux maîtrisés au regard de la faible qualité de l’animation.

Mamoru Oshii

Mamoru Oshii

Les images de synthèse employées se remarquent surtout par la fluidité de leur animation car leur rendu en cell-shading fonctionne plutôt bien sur le mecha design de Kenji Teraoda connu pour avoir travaillé sur Sol Bianca, Noir, Code Geass et .Hack//Sign. Un bon exemple de son travail sur ce dessin animé sont les Tachikomas. La musique de Yoko Kanno est en contre-pied avec un certain calme qui contraste avec l’action inférant dans la série, malgré quelques morceaux particulièrement rock. Les compositions lorgnent largement vers un style world music un peu passe-partout que pourrait annoncer d’une certaine manière le générique par la rencontre de trois langues improbables ; le russe, le latin et l’anglais. Oubliée donc l’inspiration bulgare de Kawai Kenji pour ses mélopées mystico-religieuses propices aux introspections du major Kusanagi dans le premier film.

La fin d’une femme cyborg

Si vous voulez étendre votre découverte de l’univers de Ghost in the Shell (parce que vous êtes un néophyte qui a seulement vu la version du film live avec la magnifique Scarlet Johansson), alors la série Stand Alone Complex est faite pour vous. De plus la série, rend des hommages innombrables au cours de ses épisodes, s’inspirant de Salinger et de son roman L’attrape-cœurs. On retrouve aussi un clin d’œil à Matrix, lorsque, dans un épisode, le major Kusanagi agrippe un câble attaché à un hélico et dérape sur le toit jusqu’au rebond de celui-ci. D’autres hommages sont rendus à des films comme Taxi Driver ou Full Metal Jacket. Ghost in the Shell : Stand Alone Complex reste une série cyberpunk pur jus, digne d’être vue par tout fan de dessin animé !


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1 réponse

  1. frogsptitchou dit :

    je l’ai vue sur netflix je vais e regarder sa pendant les vacances 😉

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