Et si on redécouvrait Lilo et Stitch ?

L'article vous plaît ?
  •  
  • 3
  •  
  •  
  • 1
  •  
  •  
    4
    Partages

Lilo et Stitch

Lilo et Stitch

Revenons un petit peu sur le 76ème long-métrage d’animation des studios Disney, sorti en 2002. Une fois n’est pas coutume. Aux oubliettes les vieux classiques internationaux revisités depuis des décennies. Ici, les studios Disney se lancent dans la grande aventure de la création personnelle, et force est de constater que cela leur réussit.

Dans ce long métrage, point d’héroïnes fleur-bleue en mal d’amour, de princes charmants guindés ou adorables peluches promises à un merchandising effréné. Non, ici deux antihéros bien pensés, qui, même si ce n’est pas très glorieux pour la race humaine, lui sont beaucoup plus ressemblants. Les studios Disney ont décidé de promouvoir ce film d’une manière décalée. Stitch est bien décidé à dépoussiérer les poncifs attachés à l’image Disney, et cela dès les bandes-annonces cinéma, puisqu’il pourrit la vie d’Aladdin, de la Belle et de la Bête. Mais quelle sale bestiole !

 

Hawaï sisters

Lilo est une jeune Hawaïenne au fort tempérament qui cherche désespérément à se faire des amis. Malheureusement, son imagination débordante, sa fougue un peu brutale, et surtout sa pauvreté sont tout autant de barrières pour la faire accepter par les fillettes de son âge.

Son problème est qu’elle a perdu ses parents et est donc sous la responsabilité de sa grande sœur. Celle-ci étant son portrait craché, on imagine aisément les étincelles que peut produire un tel couple dans lequel aucune n’est prête à faire de concessions. Leur vie un peu compliquée, mais relativement heureuse, va très vite l’être davantage en raison de l’arrivée incongrue d’une machine à détruire extrêmement perfectionnée « l’expérience 626 ».

Ce petit être, conçu génétiquement par un professeur extraterrestre, est en fait une arme quasi indestructible dont l’instinct a été programmé pour lui permettre de détruire, en un rien de temps, le pays, voire la planète, ennemi. Jugée illégale, l’expérience doit être mise sous scellés. Mais que faire lorsque le fléau s’échappe dans l’espace et s’en va contaminer une planète bleue, réserve naturelle de ces êtres merveilleux et uniques dans l’univers que sont les moustiques. Il faut à tout prix faire quelque chose pour préserver la chaine alimentaire de leur écosystème. Ils doivent commencer par ces êtres sans intelligence que sont les hommes.

La vilaine petite bête

La motivation principale du long métrage est le thème de la recherche de l’appartenance à un groupe. Ce constat lie tous les protagonistes du film. Lilo et sa sœur Nani ont bien du mal à s’intégrer. La raison principale raison étant leur pauvreté. Faisons un petit schéma : pour avoir un statut, il faut un travail. Pour avoir un travail, il faut être présentable, donc avoir un statut et dans ce cercle vicieux implacable, la bonne volonté ne suffit pas.

Les déboires de Nani pour obtenir un emploi, même si on a l’impression que le refus est dû aux bêtises de Lilo et de Stitch, montrent les difficultés rencontrées par les défavorisés. On est rarement enclin à donner toute sa confiance à une jeune femme seule avec un enfant à charge. Ainsi, le film, en dehors de son aspect humoristique, de ses nombreux clins d’œil et de son action trépidante, ne s’en laisse pas compter sur l’aspect paradisiaque d’un lieu comme Hawaï, mais va chercher plus loin au cœur même de la nature humaine. Les deux sœurs reproduisent un schéma malheureusement universel.

Pour une fois, Disney ne met pas en avant la classique famille heureuse, bien élevée où l’enfant est brimé par une belle famille caricaturale. Dans Lilo et Stitch, la réalité pointe, plus vraie, plus touchante, plus sensible. Malgré leurs désaccords, les deux sœurs s’aiment sincèrement et ce sentiment, doucement distillé à travers leur relation, sans exagérations édulcorées, est bien plus fort, bien mieux transmis. A tel point que l’arrivée de l’inspecteur de la DAAS, pas franchement méchant, mais aux règles strictes, touche davantage le spectateur qu’un homme odieux. Surtout quand la séparation risque d’être cruelle, d’autant plus lorsque tout est mis en œuvre pour l’éviter mais que le sort s’acharne contre vous, inexorablement.

Le sort ,ici, est personnalisé par l’expérience 626, rebaptisé Stitch par Lilo, qui se l’est approprié dans un chenil pour deux dollars. Destiné à faire tout ce qui est en son pouvoir pour détruire la Terre, Stitch se retrouve coincé sur une petite île. Il est dans l’incapacité d’enclencher son programme de destruction. Sera-t-il retrouvé à temps par le spécialiste des moustiques, et son créateur, dépêchés par le grand conseil des peuples extraterrestres, avant de faire plus de catastrophes ? Ou bien le contact avec Lilo va-t-il le faire réfléchir sur lui-même et sur ses origines ?

Road trip dans l’espace

Lilo et Stitch présente un aspect jamais abordé dans un dessin animé de long métrage de Disney : la science-fiction. Ainsi, l’introduction a tout du Star Wars avec musique, ambiance glaciale, et aliens aux faciès plus ou moins connus. Les batailles spatiales, rapides et dynamiques, ne sont pas dépaysantes.

Pas de caricatures, il y a juste de la science-fiction comme on peut l’aimer. Très vite le ton est donné, car le sérieux tout relatif de l’entrée en matière est rondement mis de côté. En particulier à cause de Stitch et de ses attitudes de garnement crado, et ensuite par l’apparition du ridicule Jumba, le défenseur des moustiques. Celui-ci est un scientifique typique, un peu paumé, mais très vindicatif dès qu’on touche à sa passion. Il formera un couple inénarrable avec le rustre Pleakley, le créateur de Stitchet ses tentatives de se fondre parmi la population terrienne resteront dans les mémoires. Le point fort du long métrage réside dans sa manière intelligente de doser différents types d’action.

On reste très peu de temps à la même place. Les lieux changent aussi vite que l’ambiance. La froideur de l’espace laisse place à la douceur de l’île paradisiaque, les combats aéronautiques s’enchainent aux prouesses des surfeurs, et surtout aux hula, danses typiquement hawaïennes.

Enfin les pitreries de Stitch et de ses compatriotes compensent les moments de nostalgie et de tristesse. Bref tout est surprise, et, quand bien même on se doute que tout finira bien, les réalisateurs, Chris Sanders et Dean Debois, ont su faire rebondir l’action de manière inattendue, en introduisant de nombreux gags et allusions humoristiques, ainsi que des inspirations aux antipodes les unes des autres, frôlant les sujets les plus divers. Le divertissement est sans temps mort et l’émotion est au rendez-vous sans lourdeur et vaines pleurnicheries.

Un alien original

Réalisé en images de synthèse, Lilo et Stitch a tout de même choisi de revenir à de bonnes vieilles méthodes en ce qui concerne les décors afin de créer un contraste entre fond et action. En effet, tous les décors ont été réalisés à la main. Leurs couleurs irisées, aux effets d’aquarelle, sont parfaites pour rendre toute la beauté de Hawaï. Le fait qu’ils ne soient pas totalement léchés, leur donne une présence puissante qui met en valeur les différentes ambiances du film et apporte plus de force aux personnages. Ceux-ci sont admirablement animés, comme se doit de l’être tout Disney, même si on ne trouve pas de prouesses techniques impressionnantes. Le plus exotique est le choix du character-design, pas de femmes longilignes ou anguleuses.

Lilo et Nani sont toutes de rondeurs féminines à des lieues des canons du mannequinat. Nani est une jolie femme simple, ni précieuse, ni pulpeuse, elle est naturelle et représente bien l’image que l’on se fait de ces divines créatures à la peau dorée que sont les Hawaïennes, des femmes aux yeux amandes et au nez légèrement épaté que l’on trouve finalement très mignon. On s’étonne presque de voir si peu d’hommes blancs dans ce Disney. Ils ont plutôt des rôles peu valorisants comme la méchante camarade de classe de Lilo ou les maîtres-nageurs.

Lilo et Stitchest un film de couleurs et même cosmopolite, d’autant plus qu’il insiste sur la compréhension et l’acceptation des différences de l’autre, même s’il vient d’une autre planète. Alors, offrez-vous une bouffée d’air marin et de tolérance en vous tordant de rire, un indispensable.

Je dédie cet article à ma meilleure amie Nelly et à toute les mamans courageuse à travers le monde !

 

Pour aller plus loin…


L'article vous plaît ?
  •  
  • 3
  •  
  •  
  • 1
  •  
  •  
    4
    Partages

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *