Baby Boss

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Baby Boss - Dreamwork

Entre une étonnante résurrection d’une licence danoise de poupées hirsutes comme les trolls, le spin-off passable de Madagascar avec les pingouins barrés et une trilogie Kung fu Panda qui commence à chercher son inspiration, Dreamworks semble en mal de nouveautés ces dernières années. Et si un bébé venait inverser cette tendance un peu morose ?

Avant de donner mes impressions sur ce film d’animation, rappelons que, de Maggie Simpson à Baby Herman en passant par Stevie Griffin, les Muppet Babies ou les Razmoket, l’animation n’a pas attendu 2017 pour mettre à l’honneur nos chers bouts de chou. A l’automne dernier, Warner nous proposait déjà l’hystérique Cigognes et Compagnie qui nous renvoyait à la fameuse fable bien populaire prétendant que les bébés sont livrés par des cigognes.

Ressort comique inépuisable par sa faculté à accumuler les bêtises, à s’émerveiller de tout et de rien, et à susciter en retour un sourire béat chez les adultes, le bébé est le parfait symbole de l’innocence. Transgresser cette image de pureté, tel est le postulat du nouveau film Baby Boss estampillé Dreamworks qui incarne l’âme d’un capitaliste digne d’un Gordon Gecko dans le film Wall Street mais dans le corps d’un nouveau-né.

Situons un peu le cadre : un fils unique savoure pleinement chaque instant passé avec ses parents débordant d’affection. Jusqu’au jour où arrive un petit frère vêtu d’un costume taillé sur mesure et d’un attaché-case, ce qui ne semble guère surprendre les heureux parents ! Pas même le service de livraison ! Les deux garçons vont alors se livrer une féroce rivalité dans le dos de leurs géniteurs qui tentent tant bien que mal d’apaiser la situation. Mais là où l’issue semble jouée d’avance, le film déjoue les pronostics en révélant rapidement le projet du nouveau-né. Infiltré temporairement dans la famille, celui-ci a pour mission d’enquêter sur la dernière nouveauté d’une société baptisée Toutou & Co, dont les chiots menacent de concurrencer dangereusement le capital d’attention accordé aux bébés. Les frangins vont donc s’allier pour arriver tous deux à leurs fins.

 

Le Boss est là !

Baby Boss est gage d’une mise en scène alerte, ponctuellement effrayante et reprend à son compte l’essentiel des codes du “buddy movie” en misant sur la coopération entre deux protagonistes aux caractères diamétralement opposés. L’un est jeune garçon guère pressé de grandir et doté d’une débordante imagination ; l’autre est un bébé sérieux comme un duc qui a hâte de diriger une grosse entreprise. De leur association contrainte jaillissent de vrais gags associant d’autres bébés plus malins qu’ils n’en ont l’air : une chef hystérique et une ribambelle de chiots bien entendu plus mignons les uns que les autres.

Adapté d’une bande dessinée publiée en 2010, le long-métrage doit son rythme dynamique et son humour mordant au réalisateur Tom McGrath, responsable de l’extraordinaire trilogie Madagascar et du pastiche de Supervilain dans Megamind. Ainsi, une course-poursuite musclée dans le jardin, destinée pour le grand-frère à révéler la nature du dernier-né aux parents, devient aux yeux de ces derniers un jeu d’enfant bien innocent et moins crucial qu’il n’en a l’air.

De la même manière que dans Toy Story, où les jouets se figent littéralement en présence d’êtres humains, les jeunes héros de Baby Boss entretiennent l’illusion de n’être que des bébés ordinaires tout juste bons à gazouiller et à réclamer leur biberon. Le film s’amuse en permanence du décalage créé entre l’existence trépidante des héros en couche-culottes et le regard naïf que portent les adultes sur eux. Débouchant sur un joli message universel d’amour filial et une évocation du lien profond qui peut se tisser dans une fratrie, le film divertit au-delà des attentes et pourrait bien changer le regard des jeunes parents sur leurs progénitures.

Le bébé de la fin

S’il y avait bien une chose à laquelle on ne s’attendait pas de la part de Dreamwork, c’est qu’il aille marcher sur les plates-bandes du studio Pixar. C’est-à-dire celui des films à fort concept et qui en plus s’en sortent aussi bien. Et pourtant dès les premières scènes vraiment épatantes d’inventivité et de profondeur, on sent que Baby Boss veut jouer dans la cour des grands. A partir d’une histoire toute simple et habile, on modélise les conflits traditionnels familiaux liés à la venue d’un bébé et on les confronte au code du monde du business, pour en somme renvoyer dos à dos des comportements standardisés, dont on peut bien rire.

Bien sûr, on est dans un film américain, donc il faut faire l’éloge de la vraie émotion, l’amour infini qui peut donc être partagé entre les membres d’une même famille. Baby Boss est une réussite réjouissante, qui fait également le pari de la simplification graphique, d’un univers fantasmagorique plus proche du dessin animé traditionnel, et qui ne rentre pas dans la course à la technologie pour rester une production modeste. Baby Boss reste donc une œuvre Dreamwork à voir ou à revoir !


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