Arrietty, le petit monde des chapardeurs

L'article vous plaît ?
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Comme on dit, plus c’est petit, plus c’est mignon ! C’est par ce vieil adage que nous commencerons cet article. Arrietty est un Ghibli un peu particulier car aucun des deux grands maîtres du studio n’a été à la tâche sur cette œuvre. D’ailleurs, ce fût aussi le cas pour la série : Les Contes de Terremer.

 

Un petit bout d’histoire

Shô doit subir dans quelques temps une lourde opération du cœur. Malade depuis qu’il est petit, ce jeune homme fragile a grandi seul, sans amis. Pour se préparer dans le calme à cette lourde intervention, sa mère l’a envoyé passer quelque temps là où elle a grandi, dans une petite ville tranquille à l’ouest de Tokyô. Shô arrive alors dans une vieille demeure habitée par sa tante. La maison est entourée d’un magnifique jardin qui, bien que peu entretenu, lui donne un certain charme. C’est là qu’il va faire la connaissance d’Arrietty, une jeune fille qu’il n’aurait jamais dû rencontrer, et pour cause : elle ne mesure que quelques centimètres !

Arrietty est en réalité une « chapardeuse », un être minuscule vivant caché avec ses parents sous le plancher de la maison. Depuis toujours, leur survie ne repose que sur une seule chose : ne jamais être vu par les humains. Quand Shô arrive, c’est une journée importante pour Arrietty car elle va effectuer sa première sortie. Les chapardeurs vivent en effet grâce aux objets qu’ils empruntent aux hommes. Cette initiation va pourtant tourner court quand Shô aperçoit Arrietty dans sa chambre. Pour son père, les choses sont simples : il faut partir et quitter le petit nid douillet qu’ils s’étaient construits dans cette maison. Arrietty, elle, veut croire que tous les humains ne représentent pas un danger.

Petit maître devenu grand

Avant de signer la mise en scène d’Arrietty, Hiromasa Yonebayashi n’avait jamais réalisé ni de film, ni de série animée ! Une belle promotion, donc, pour cet animateur qui avait tout de même travaillé sur plusieurs productions Ghibli comme Princesse Mononoké, Mes voisins les Yamada, Le voyage de Chichiro ou, dernièrement, Ponyo sur la falaise. Hiromasa Yonebayashi maîtrise parfaitement son film du début à la fin, s’attachant à rendre ses personnages crédibles et vivants. Et c’est surement ce qui manquait aux Contes de Terremer, premier film du fils Miyazaki, si l’on devait faire une comparaison avec un autre projet qui fut confié à un novice. En travaillant au sein du studio depuis plusieurs années, Yonebayashi est en réalité plutôt expérimenté.

Hayao Miyazaki lui avait d’ailleurs confié l’un des courts métrages réservés au musée Ghibli et pas n’importe lequel : Mei et le chat bus, la petite suite de Mon voisin Totoro. Du coup, pas étonnant qu’on pense à ce film dès les premières minutes d’Arrietty. L’arrivée de Shô dans cette maison entourée d’une nature luxuriante, la présence d’êtres cachés que lui seul verra… Tout rappelle ce qui fut l’un des plus grands films du studio. Arrietty est comme un Totoro miniature, et le film repose entièrement sur la rencontre avec cet être surnaturel. C’est ce qui fait sa force, en plus de bénéficier d’une animation irréprochable et old school. Il faut savoir que sur Arrietty, l’utilisation de la 3D fut moindre, sans parler de la conception des décors du jardin dans laquelle Ghibli excelle. Ce scénario finalement très simple pourra parfois en décevoir certains, notamment ceux qui s’attendront à une grande aventure épique.

Un point minuscule

Si l’histoire vous rappelle quelque chose, c’est normal ! Elle est tirée d’un livre anglais pour enfants, intitulé The Borrowers de Mary Norton. Celui-ci a déjà été porté plusieurs fois à l’écran notamment en film live en 1997 avec l’acteur John Goodman. C’est aussi probablement de ce livre que s’inspire le dessin animé les Minipouss, dont le concept est exactement le même. Adapter les romans occidentaux n’est pas nouveau chez Ghibli ; ça reste une tendance depuis les années 2000 avec Le Château Ambulant en 2004 et Les contes de Terremer en 2006. Plus inhabituelle en revanche, la participation d’une française, Cécile Corbel, à la bande originale est une première pour le studio et nous sort des orchestrations du compositeur estampillé Ghibli. La bretonne a composé une musique douce et tout en finesse, aux sonorités celtiques, ce qui apportent une touche vraiment originale à Arrietty. En outre, elles se marient parfaitement avec les images, malgré le fait que l’histoire ait été transposée dans un Japon contemporain.

Hiromasa Yonebayashi continuera la réalisation avec le studio Ghibli, en faisant le film Souvenirs de Marnie qui ne rapportera pas un gros succès, malgré son histoire touchante. Suite à l’échec de ce film, ainsi que de celui du Conte de la princesse Kaguya, Toshio Suzuki annonce en août 2014 que le studio fait une pause dans la production de nouveaux films d’animation. A la fin de cette même année, Yonebayashi quitte le studio, pour mieux revenir avec son nouveau film Mary and the Witch’s Flowers ; au doux air de Kiki la petite sorcière, qui sortira courant 2017.


L'article vous plaît ?
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *